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Moi ... Moi ... et re Moi
  Dess C.A.I (Mémoire) 

Conclusion

vendredi 28 octobre 2005, modifié le 11 avril 2008, par Quentin Drouet

Pourquoi ce travail ? Tout simplement parce que je pense, personnellement, que le droits de propriété intellectuelle est une notion très floue et très difficile à appréhender. Certaines notions et idées auraient très certainement mérité d’être plus approfondies, certains éléments ont également sûrement été omis, mais les usages et les évènements concernant ce domaine se vivent dorénavant au jour le jour, de nouveaux éléments permettraient chaque jour d’apporter de nouvelles propositions. Un mémoire universitaire sous sa forme conventionnelle n’est pas l’outil idéal pour refléter ces problématiques qui sont trop contemporaines pour être explicitées dans une structure si figée.

Ainsi, dans notre écosystème actuel ou l’on franchit des frontières si facilement et par la seule utilisation d’une machine nous pouvons enfreindre la loi si facilement, il est nécessaire à mon avis de clarifier la situation. En effet, que ce soit de la part des artistes ou du simple public, les droits de propriété intellectuelle et droits des utilisateurs sont souvent mal interprétés et par la puissance des médias de masse, il est courant de créer des amalgames autour de telles notions. Les locutions « vol de propriété intellectuelle » et « piraterie » composent notre quotidien et leur interprétation est souvent faussée, ce n’est pas nécessairement parce que l’on propose certaines choses sur un site internet que c’est illégal. Ce n’est pas non plus parce que l’on ne paie pas que ça l’est également. Internet menace et bouleverse les concentrations actuelles du pouvoir organisé autour des médias de masse et de l’économie libérale. J’en tirerai alors plusieurs conclusions.

Dans un premier temps, il est vrai que l’aspect du logiciel et la création artistique et littéraire sont deux choses totalement différentes, cependant elles demeurent aujourd’hui à mon avis indissociables sur certains points. Comme le souligne sur son blog Jimmy Wales, le fondateur de l’encyclopédie libre Wikipedia, il ne peut exister de liberté du savoir sans logiciels libres. [1] Internet, qui permet cet échange mondialisé des savoirs et de la culture est en effet lui-même basé sur des technologies ouvertes. C’est pourquoi le rapprochement constant entre programme informatique et création intellectuelle a constamment été fait dans ce travail.

La seconde conclusion consiste dans le fait que deux visions de la culture s’affrontent dorénavant. La première voit le public comme un simple consommateur, le privant de tout droit sur l’oeuvre à part l’écouter ou la contempler, méthode introduisant avec force l’individualisme dans les pratiques culturelles et imagée par la prédominance des industries et de leur influence dans la signature des accords internationaux. L’autre, quant à elle, prône une vision plus sociale, mettant en avant le partage. Ainsi, face à la copie et autres utilisations, il existe deux types de réaction, soit on instaure des pratiques policières en érigeant des « péages à chaque carrefour », soit on favorise la circulation de biens et oeuvres non-marchands en trouvant des moyens indirects de revenus pour les créateurs.

Troisièmement, de par sa structure particulière et son évolution permanente, Internet crée une nouvelle valeur intellectuelle qui exige la mise en place d’un système juridique spécifique. La parenté du copyleft avec les droits de propriété intellectuelle classiques, principalement du copyright américain, permet d’envisager une complémentarité entre les deux notions mais non une rupture abrupte. La formulation quelque peu utopique et généreuse de la philosophie de Richard Stallman présente un handicap pour une plus large application. C’est pourquoi, je pense qu’un système de la forme des contrats Creative commons semble une initiative à même de conjuguer les deux en proposant des éléments juridiques adaptables en fonction des besoins et volontés du créateur, permettant à ce dernier de redevenir unique propriétaire de sa création.

Enfin, le quatrième et dernier point de cette conclusion concerne le domaine public et le sort des biens communs. Philippe Aigrain et Lawrence Lessig l’affirment très bien dans leurs livres respectifs. Il est nécessaire d’accumuler dans la liberté un capital commun à tous, rapprochement idéologique entre les valeurs républicaines et celles des logiciels libres générées par le principe de copyleft. Il est, à mon avis sain, un système où le travail de l’auteur est reconnu tout en laissant aux autres la possibilité de se l’"approprier" pour le faire vivre. La diversité culturelle ne peut exister que si chacun y participe et non si seuls les produits ayant le potentiel d’être rentables soient diffusés. En bref, il me semble nécessaire de défendre le domaine public, dont l’accessibilité à grande échelle est dorénavant permise par Internet et dont la préservation est indispensable à l’évolution intellectuelle de l’humanité, et ainsi de réintroduire des termes tels que « partage », « échange », « don » et « gratuité » dans nos vocabulaires.

En bref, Internet est un médium encore très jeune, dont nous ne soupçonnons pas encore ce qu’il nous réserve réellement comme véritables bouleversement. Il est comparable à un immense champ de bataille à la fois idéologique, économique et politique, il nous suffit de jeter un oeil ne serait-ce qu’aux trois projets de bibliothèques virtuelles qui participent à ces trois « combats à la fois ».

Notes

[1] Blog de Jimmy Wales, fondateur du projet Wikipedia.
En ligne : http://blog.jimmywales.com/index.ph...

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